Humour Zen (hard)

 (reproductions autorisées avec mention de la source)

 

 Surpris      

-        Maître, qu’est-ce que le mental ?

-        Le silence est le contraire du mental.

-        Oui, maître, mais qu’est-ce que le mental ?

-        Le mental est le contraire du silence.

-        Oui, maître, mais...

-        Silence !

 

 Embarrassé

-        Maître, il y un âne sur la route.

-        Je sais.

-        Il va provoquer un accident.

-        Je sais.

-        Dois-je le laisser provoquer un accident ?

-        Je ne sais pas.

 

 Incertain

-        Maître, quand je regarde vers ici (il pointe son index vers ses yeux), je ne vois rien. Cela m’angoisse.

-        Oui.

-        Pouvez-vous me dire quelque chose qui me rassure ?

-        Non.

-        J’ai besoin de comprendre !

-        Où es-tu ?

-        Ici.

-        Tu as tout compris.

 

 Déçu

-        Il y a de l’or dans le lit de la rivière. A qui appartient cet or ?

-        A celui qui le trouve, non ?

-        Ce n’est pas si simple !

-        Pourquoi ?

-        Parce qu’il n’y en a pas beaucoup !

-        Je connais un endroit où il est abondant mais c’est tellement profond que tu risques de t’y noyer. Es-tu prêt à prendre ce risque ?

-        Euh... je ne sais pas !

-        C’est bien. Tu es sur la bonne voie.

 

 Rigolant

-        Maître, il y a une chèvre dans la grotte.

-        Et alors ?

-        C’est ma grotte !

-        Alors chasse la chèvre.

-        Elle ne m’obéit pas.

-        Alors cherche une autre grotte.

-        Elles sont toutes habitées par des chèvres.

-        Alors fais comme les chèvres !

-        Quoi donc ?

-        Bêêêêêêêêêêêêê ! Bêêêêêêêêêêêêê !

 

 Déçu

-        Maître, qu’est ce que l’amour ?

-        (Il le gifle)

-        Mais, maître !

-        (Il le gifle à nouveau)

-        Maître, je ne comprends pas ! Pourquoi me giflez-vous ?

-        Pour que tu saches ce qu’est l’amour !

-        Une gifle n’exprime pas de l’amour !

-        Oui, tu as raison, c’est un geste incompréhensible !

-        Cela veut-il dire que vous ne m’aimez pas ?

-        C’est comme un bel arbre qui donnerait de mauvaises pommes ! Un bel arbre devrait donner des fruits succulents !

-        Je ne comprends pas.

-        L’amour n’est pas logique. Il ne peut pas être compris.

 

 Innocent

-        Maître, j’ai peur de mourir.

-        Alors ne meurs pas.

-        Mais je suis condamné à mourir.

-        Ah ! Qui t’a condamné ?

-        Je ne sais pas, c’est comme ça, c’est une loi de la vie. Puisque je suis né je dois mourir.

-        Alors pourquoi te plains-tu ?

-        Je n’ai pas choisi de naître !

-        Ni de mourir. Où est le problème si tu n’as pas le choix ?

-        Mais je tiens à la vie.

-        Ah ! Qui te l’a dit ?

-        Moi.

-        Excuse-moi, je commence à avoir mal à la tête (il s’en va).

 

 En pleurs

-        Maître, je n’ai pas de tête.

-        (Le maître le gifle) Sens ta tête.

-        Je la sens mais je ne sais pas si c’est la mienne.

-        (Le maître le gifle très fort sur chaque joue)

-        (Larmoyant) Je ne sais toujours pas si c’est la mienne.

-        Le maître le frappe de plus en plus fort.

-        (en pleurs) Oui, maître, j’ai compris, j’ai compris !

-        Tais-toi, tais-toi, tu n’as rien compris du tout ! Moi non plus !

 

 Pied de nez

-        Maître, expliquez-moi ce qu’est l’ici-maintenant.

-        Où es-tu maintenant ?

-        Ici.

-        Et où est cet ici ?

-        Ici.

-        Et où est cet ici ici ?

-        Ici.

-        Bien. Quand es-tu ici ?

-        Maintenant.

-        Et quand est ce maintenant ?

-        Maintenant.

-        Et quand est ce maintenant maintenant ?

-        Maintenant.

-        Bien. Ici et maintenant sont une expérience, une perception. Ce ne sont pas des idées.

 

 Pied de nez

-        Maître, j’ai beau regarder vers ici (il désigne son propre visage), je ne vois pas de tête.

-        Oui, mais alors où se trouve ta langue ?

-        Ma langue ?

-        Oui, tu fais du bruit avec ta langue, non ?

-        Du bruit ? Je ne comprends pas.

-        Tant que tu n’entendras pas le bruit que tu fais avec ta langue tu auras une tête.

-        Je ne comprends pas.

-        Quand tu pètes, tu as honte de l’odeur qui se répand. Quand tu parles tu es fier de ton discours. Il n’y a pas de différence entre   ta tête et ton anus. Ils sont tout deux motifs de satisfaction ou d’insatisfaction.

-        Alors que dois-je faire ?

-        Prosterne-toi devant ton  anus et tu auras la connaissance.

 

 Sourire

-        Maître, je vous aime.

-        Si c’était vrai tu ne me le dirais pas.

-        Mais je veux que vous le sachiez !

-        Je ne veux pas le savoir !

-        Voulez-vous dire qu’il vaut mieux exprimer cela par des actes ?

-        Combien ?

-        Combien ???

-        Oui, combien tu en veux ?

-        De quoi ?

-        De tes actes d’amour ?

-        Mais je n’en veux rien !

-        Alors c’est qu’ils ne valent rien ! Pourquoi veux-tu me donner ce qui n’a aucune valeur ?

-        Je… je… ne veux… euh…

-        Quel type de reconnaissance attends-tu de moi ?

-        Je voulais simplement vous faire plaisir.

-        Tu me fais plaisir en m’aimant sans que ça se voit, sans que ça s’entende. L’amour est par nature silencieux et invisible. 

-        C’est triste !

-        C’est tranquille.

Bisou