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Loin des fastes clinquants de la "Route du Rhum", le poète Jean-Paul Inisan nous offre ci-dessous quelques impressions contratées de sa vie ordinaire à Saint-Malo. Une autre façon – plus réaliste mais aussi à la fois percutante et rêveuse – de voir (et de vivre) la célèbre cité corsaire... 


DIVAGATIONS SUR LE SILLON 
Dérives poétiques à Saint-Malo

(livre en cours de création...)

 

SAINT-MALO INTRA-MUROS
 

Saint-Malo entre murs hauts
Comme un gothique vaisseau
À jamais amarré
À de séculaires rochers

 

Sous un ciel d'errance
Les nuages dans mes yeux dansent
Ils m'invitent à un lointain voyage
Vers de légendaires rivages

 

Mais sur les remparts je ne peux résister au vent
Qui me renvoie sans détour dans le présent
Il me fouette si fort le sang
Que j’en deviendrais presque brigand

 

Entre combats et folles chimères
Entre ses ruelles obscures et ses enclaves de lumière
Entre son passé noir et la clarté fabuleuse de sa gloire
Saint-Malo ne cesse de me raconter son histoire

 

 



SAINT-MALO EN HIVER
(extraits)

 

Connaître Saint-Malo en automne et en hiver
C'est du décor découvrir un curieux envers
Quand ailleurs le froid vous lamine
Ici vous goûtez à la douceur marine

 

Le vent chasse les impuretés
Et vous oblige à bien respirer
Ici dit-on les plus gros nuages
Ne sont jamais que de passage

 

Le vent du large les pousse au loin
Vers ceux qui en ont le plus besoin
Il les envoie vers les terres agricoles
Où en pluies fertiles généreusement ils dégringolent

 

Ici vous vous promenez par tous les temps
Car ils sont toujours changeants
Ils vous offrent tous les jours de nouveaux paysages
Et sur les villas d'art du Sillon d'inédits éclairages


Devant le défilé insolite des piétons

Qui sont comme une mouvante exposition
Un renouvellement incessant de visages
C'est un véritable et perpétuel voyage

 

De côtoyer sans cesse de nouveaux promeneurs
Gens d'ici de là-bas ou d'ailleurs
Ils vous offrent leur magnificence
Celle de leurs inépuisables différences

 

Qu'ils arrivent par la route par les gares ou par les ports
Qu'ils débarquent par bâbord ou par tribord
Quels que soient leurs légitimes territoires
Ils vous racontent tous un peu de leurs histoires

 

[...] C'est cela Saint-Malo hors saison
On n'attend pas des beaux jours l'apparition
Car c'est une ville qui a du caractère
Ici on assume fièrement son passé de corsaire

[suite dans le livre...]

 

 

DÉCONFINEMENT
 

Aujourd’hui était un jour de renaissance
Même s’ils se tenaient à bonne distance
Sur la grande plage de Saint-Malo
Les promeneurs étaient tous beaux

 

Le temps était doux la mer calme et basse
Et le sable fin m’offrait son immense espace
Après avoir été aussi longtemps confiné
Je savourais comme jamais ma liberté

 

Après avoir vécu comme en marge
Je m’enivrais de l’air pur du large
C’était comme une révolution
Après des siècles d’oppression

 

Je pouvais enfin respirer sans contrainte
Et voguer sans limites restreintes
Affronter au loin les vents les plus forts
Fixer des yeux l'horizon qui est mon vrai port

 

Mais aussi marcher dans la fraîcheur vivifiante
Des petites vagues côtières mourantes
Entendre leurs petits clapotis
Comme un étrange et discret récit

 

Mystérieux et captivant langage
Échos vagues de lointains rivages
Qui ne m’intéressaient pas réellement
Car je me sentais si bien là ici et maintenant

 

Comme après une inespérée délivrance
Je me sentais en exceptionnelle vacance
À tous les vents à tous les possibles ouvert
Mon cœur à tous et à toutes totalement offert

 

Aujourd’hui était un jour de renaissance
Même s’ils se tenaient à bonne distance
Sur la grande plage de Saint-Malo
Les promeneurs étaient tous beaux

 
 
UN JOUR À SAINT-MALO

Aujourd'hui la mer était belle
Le soleil était chaud
Il réchauffait mes évanescentes ailes
Je les sentais vibrer à nouveau


Entre les hautes vagues écumantes
Il y avait de vastes plaines de calme plat
De larges vallées frémissantes
Comme un immense et mouvant canevas

 

Au-dessus d'une eau si profonde et si limpide
Qu'elle me donnait l'envie presque de m'y noyer
Mais sans que cela soit un suicide
Simplement pour l'envie de me purifier

 

Pour vivre une sorte de renaissance
Imprégner ma vieille peau
De la fraîcheur de la pure transparence
Et me laisser aller au loin au gré des flots

 

Aujourd'hui la mer était belle
Le ciel était bleu
Parsemé d'une nuageuse dentelle
Qui se défaisait peu à peu

 

Le vent léger était chargé de fortes odeurs marines
D'imperceptibles mais denses embruns
De particules océanes si fines
Qu'avec elles je ne faisais plus qu'un

 

Mon rêve prenait la forme du paysage
À la fois fluide puissant et aérien
Il m'amenait très loin vers d'autres rivages
Me montrait un autre chemin

 

Je ressentais comme en hypnose
Un sentiment étrange de bonheur
Dans cette inimaginable osmose
J'abandonnais toutes mes peurs

 

Je regardais tout à distance
Et en même temps je me sentais proche de tout
Si loin et si proche de toute existence
À la fois froidement lucide et amoureux fou

 

Aujourd'hui la mer était belle
Et mon cœur était chaud
La vie me semblait éternelle

C’était un jour à Saint-Malo



TAIS-TOI SAINT-MALO (extrait)

 

Tais-toi Saint-Malo
Je n’entends plus les flots
Tu cries à tue-tête
Plus fort que la tempête

 

Tu cries sur les remparts
Que tu ne dois rien au hasard

Que ton éternelle gloire
Tu la dois à ton histoire

 

Elle s’est faite à coups de canon
Et par de féroces expéditions
Mais tu es toujours très fière
De tes héros légendaires

 

Tais-toi Saint-Malo
Je n’entends plus les flots

Tu cries à tue-tête
Plus fort que la tempête

Les clameurs qui montent de la mer
Racontent un passé de feu et de fer
Le sang qui gicle pendant les abordages
L’exécution sommaire des équipages

 

Tes héros n’étaient pas des saints
Ils ne tuaient et ne volaient pas pour rien
Certes ils étaient loyaux et braves
Mais c’était aussi des marchands d’esclaves

 

Tais-toi Saint-Malo
Je n’entends plus les flots

Tu cries à tue-tête
Plus fort que la tempête

 

Tu acclames tes traditions
Qui sont celles de la navigation

Avec ses joies et ses peines
Avec ses amours et ses haines

 

Tu pleures tes marins perdus
Ceux qui ne sont jamais revenus
Et ceux morts de vieillesse
Après une vie de hardiesse

 

Tais-toi Saint-Malo
Je n’entends plus les flots

Tu cries à tue-tête
Plus fort que la tempête

 

Tu chantes sur tes bateaux
Des chants virils et beaux
Sur la mer en équipe ou en solitaires
Les marins sont toujours solidaires

 

Tu ris très fort
À l’abri dans tes ports
Tu te moques de tes rivales
Qui ont perdu des batailles navales

 

Tais-toi Saint-Malo
Je n’entends plus les flots

Tu cries à tue-tête
Plus fort que la tempête

 

Aujourd’hui encore les milliers de voix
Qui l'été éclatent de joie 
N’ont pas besoin de te connaître
Pour te louer et faire la fête

 

Les touristes vivent au présent
Même quand ils visitent tes monuments
Quand ils admirent tes paysages
Ou qu’ils s’amusent sur tes plages

 

Tais-toi Saint-Malo
Je n’entends plus les flots

Tu cries à tue-tête
Plus fort que la tempête

 

La sirène puissante des ferries
Qui parfois le matin longuement mugit
Nous rappelle la formidable infrastructure
Qui fait briller tes historiques dorures

 

Elle nous rappelle les mille va-et-vient
Qui font partie de ton destin
Tu as été toujours sur le monde largement ouverte

Sans jamais pour autant à personne te soumettre

[suite du texte dans le livre...]

 

 

SPECTACLE
 

Théâtre à l'envers
La salle est claire
Et la scène est sombre

 

Souples et puissantes
Des vagues géantes
Bondissent impudemment
Sur la digue piétonne
Elles s'écrasent à mes pieds
Qu'elles parviennent parfois à lécher

 

La clarté sur les rares ombres mouvantes
Qui se promènent un soir d’automne sur le Sillon
Fait face à la nuit noire de la mer

 

Parsemée de signaux lumineux
Comme des phares mystérieux
Communiquant entre eux

 

Langage secret
Qui me fait rêver

 

 

IMMINENCE
 

Je savoure la prolongation délicieuse
De l'imminence
Celle du petit matin
Le petit matin est imminent

 

Mais si tout devait rester ainsi
Une imminence éternelle
Éternelle
Éternelle

 

J'attendrais éternellement que les gens se lèvent
Que les premières voitures se mettent à rouler
Que les premiers joggers
Surgissent à l'autre bout du Sillon

 

Du côté de Courtoisville
Et du côté opposé de Rochebonne

 

J'attendrais éternellement
Que les gens sortent de leurs maisons
Les promeneurs les baigneurs les ballons
Les enfants qui jouent
Les chiens qui courent

 

J'attendrais
J'attendrais éternellement
En étant certain que cela va survenir
Inéluctablement
Sans jamais jamais en douter

 

Et cela ne surviendrait pas 
 

Et pourtant je continuerais à croire très fort
Que cela va survenir
Inéluctablement

 

Et cela ne surviendrait pas
 

Quel bonheur !
Rien que de l'imaginer me met déjà en transe
Je ne parviens plus à faire la différence
Est-ce cela la Vie

 

Toute cette beauté dont on sait qu'elle va apparaître
Cette beauté dont on sait qu'elle existe
Est-il besoin de plus que cela
 

Mon dieu c'est déjà beau que l'existence existe
Merci à l'existence
Merci à l'imminence




TOI

 

Quelle surprise de te trouver devant moi
Toi que je cherchais au loin là-bas
Tu n'étais pas partie chez ton amie la lune
Tu ne t’étais pas cachée dans un trou de la dune

 

Il me suffisait de bien orienter mon regard
Sans le laisser partir au hasard
Et alors j'étais comme une immense plage
Qui recevait sans cesse la caresse des vagues

 

Elles s'élevaient très haut
Et elles roulaient comme des cerceaux
Se gonflaient en rondeur et en volume
Avant d'éclater couronnées d'écume

 

En m'aspergeant de leur fraîcheur
Elles me réveillaient de ma torpeur
Je quittais enfin mes chers livres
Je me remettais à vivre

 

 

À  BON  PORT
 

Celui qui sur l'autre a raison
A tort d'avoir raison
Mais celui qui s'est égaré dans l'océan du tort
Peut toujours revenir au port

 

Et alors il se lèvera une nuit
Pour interroger ses amies
Il contemplera longuement les étoiles
Jusqu'à ce qu'elles en deviennent pâles

 

Et alors il verra le soleil se lever
Et il sera éclairé
Par une lumière nouvelle
Qui lui donnera des ailes

 

Il verra au-delà de l'horizon
Il fera en avant un grand bond
Il perdra totalement la face
Mais il y gagnera le plus grand des espaces

 

Ainsi parlait le roi des mois
Mais soudain la vie le quitta
Que reste-t-il alors de cette fable
Il n'en reste que l'inexprimable

 


DES FLOTS ET DES MOTS

 

J'avais perdu la mémoire
Je voguais au rythme des flots
C'est eux qui me racontaient mon histoire
Mais ce n'était pas avec des phrases et des mots

 

C'étaient de fantasmatiques images
Projetées sur un grand écran blanc
Et comme par un étrange sort ou un simple mirage
Je me trouvais dedans

 

 

REPTILE
 

C'était dans les yeux clignotants de la ville
Une nuit d'automne à Saint-Malo
Le soleil n'avait laissé aucun marque-page
Sur les restes de nuages

 

Qui se traînaient au-dessus des boulevards
Et se disloquaient  au hasard
Vers les rives maritimes
Où lentement des bateaux errants
S'arrimaient
En silence

 

Et les marins qui en sortaient
Étaient comme des fantômes ailés
Qu'un vent furtif semblait tous pousser
Long fleuve reptile
Vers la ville

 

Bientôt envahie par cette marée
Aux amplitudes variables
Et à la vitesse si immuable
Que l'on ne pouvait que l'accepter

 

 

ROCHERS
 

Rochers au front couronné
Couronné par les écumes
De la mer déchainée
Faisant face au vent

 

Ou trônant au milieu de l'onde tranquille
Comme des autels sacrés
Immobilité permanente des ilots
Dans un monde de flots

 

Rochers à l'usure décontenancée
Alternativement dominés puis dominants
À la peau rugueuse
Comme celle des chênes anciens
Amas de pierre ornés
D'une végétation aqueuse
Exhalant les parfums poivrés de la mer

 

Rochers qui sont un défi aux pieds
Un défi à l'équilibre
Qui sont comme l'ornementation naturellement disharmonique
Des plaines maritimes des côtes bretonnes
À marée basse

 

Rochers aux trous secrets
Aux cavités habitées par une vie secrète
Zones de turbulence qui se couvrent et se découvrent
Jamais pareilles
Jamais pareillement décorées
Toujours en mouvement

 

Chaleurs sèches de l'été
Promontoires salés
Qui scellent l'abrupt des arêtes mal dessinées
Dissymétriques chaos sans plan déterminé

 

Je m'y perds parfois
J'en connais où j'aime me reposer
Et laisser la marée qui s'apprête à l'entourer
Me faire un peu peur
Et revenir l'eau jusqu'aux genoux

 

Les vagues donnent inlassablement
L'assaut à ces forteresses
Qui ne tremblent jamais

 

Le soleil couchant enflamme le sommet d'un ilot rocheux
Avant de disparaître en laissant derrière lui
Une traînée orangée
Mêlée de nuances rousses
Et de touches violettes
Qui finit par se dissoudre dans l'atmosphère chaude
D'une douce soirée d'été

 

Un dernier flash sur le Sillon
Comme un regret ou une promesse
D'un matin de soleil
Une aube à aucune autre pareille.

 

 

IMPRESSIONS
 

Sur le Sillon 
Le fracas lointain des vagues
Un goéland crie
Il pleut à peine l'air est doux
Le vent souffle fort

 

Sur le Sillon
Le défilé des âges
C'est l'exposition
Le soleil est chaud
Les baigneurs jouent au soleil ou s'exposent
Les couleurs scintillent 

 

Les cris des enfants
Qui s'amusent en courant 
Les regards des parents
Un goéland blanc 
Se pose sur un banc 
Tourné vers la mer

 

Les vagues furieuses
Comme des écharpes au vent
Des gifles écumantes
Il est tard il pleut
Les yeux dorés de la nuit
La ville se mouille

 

Le soleil d'automne
Frise les vagues d'argent
Nuages gris-blanc 
La ligne d'horizon
Les nuages au loin flottant
  

La douceur du temps
Lumière tamisée
Par le filtre de la brume
Rideau diaphane
Rayons dorés

 

Nuages d'argent gris
La nuit s'achève
L'orage menace
La falaise craque
Plongeon d'un lointain 
 

Couleurs de verrines
Gourmandises opalines
Délice du matin
Couverture dorée
Qui me fait un pied de nez 
 

Chaleur retenue
Caresse d'un corps féminin
À la fois svelte et plein
Lignes mouvantes
Émouvantes

Captivantes

Grands yeux et paupières ombrées
Je plonge dedans

 

Jeune chien fou
Sur la plage immobile
Immensément nue

 

La rue paisible  

 

 

STIGMATES
 

Le vacarme de l'Histoire
Traversait les gigantesques monuments de la clairière
Qui se creusait au rythme des flots bleu-vert
Qui charriaient des poissons rares
A l'intérieur d'enceintes immenses
Où je trouvai vite un passage
Pour sortir dans une carrière
De vitraux et de galères
Où des marins exténués
Se jetaient sur des paysans casqués
Comme des soldats de marquisat

 

La faune et les princes voguaient
Au sommet de frégates fantasmatiques
Qui dormaient dans une mémoire assoupie depuis des siècles
Et tout ça vous le réveillez malgré vous
Et vous devez vous confronter
À des ennemis lointains
Qui vont maintenant hanter vos rêves

Vous qui croyiez seulement passer ici
Vous aurez des lendemains pas toujours enchantés
Mais cette magie vibrera au fond de vous
Comme des porcelaines choquées
Qui seront comme des échos interminables
Que vous essaierez de colmater
Avec du vieux bois marin

 

Celui qui a été immergé pour durer
Ne peut plus ensuite être célébré
Il est vite oublié
Puis il renaît on ne sait comment
Comme un incendie que l'on croyait éteint
Depuis des siècles
Et soudain il se réveille on ne sait comment

 

Tout le monde se précipite
Pas pour l'éteindre
Mais pour s'y consumer
Pour étinceler
Profiter des étoiles
Que je ne sais qui
Plante tous les soirs dans le ciel de Saint-Malo

 

 

CÉZEMBRE (1 extrait)

Cézembre baril de poudre protégé
Île torturée jadis mille fois déchiquetée
Offre aujourd’hui sa plage dorée
Aux aventuriers du dimanche

 

Les intestins noués
De la grande mascarade obsolète
Qui fabrique les armes
Dont se nourrissent les bêtes féroces
Qui s'affrontent dans le désert des villes
Qui se construisent et se déconstruisent
Au fil des vagues qui vont et qui viennent
Qui charrient dans leurs flots
Les débris des arsenaux égarés
Dans l'histoire des siècles
Et les poudrières de l'avenir guerrier
Ne seront qu'un spectacle de plus à donner
Dans l'obscurité naissante
Alors que je ne verrai plus les nuages planant
Et que je m'enracinerai là où je ne naîtrai jamais
Là où les caravanes de feu passeront en un éclair
En un éclair de feu
Et les étincelles qui couronnent le sommet
De cette terre abandonnée
Sont comme le sacre d'une ère révolutionnaire
Dont les éclats sont
Les reflets des vagues marines
Qui ne cessent d'assiéger l'île de Cézembre
Elles ne se sont jamais renouvelées
Ce sont les mêmes qui applaudissaient
A chaque bombe celles qui éclataient
Au-dessus de l'île
Au-dessus de toutes les îles du monde
Les îles de ma solitude sont bien plus à l'abri
Que cette masse informe
Et son sourire si accueillant
Qui cache un potentiel meurtrier
Des têtes qui explosent
Des bras des mains coupées du sang qui rougit
Qui fait honte et le premier napalm
Qui incendie les corps et laisse dans les cœurs
Un souvenir abominable

 

Traces du passé que je ne peux visiter
Que je ne peux qu'imaginer
Traces de l'avenir qui restent
Comme un marchepied pour accéder
À l'infinité
À l'infinité des possibles

Des possibles meurtriers
Terre blessée à mort
Où l'on ne peut plus creuser sans s'empoisonner
Sans risquer sa vie sans risquer sa santé
Amour que jamais ici je ne trouverai

 

Ô hommes que faites-vous de la vie simple ?
Ce n'étaient que des soldats
Ce n'étaient que des hommes
Qui obéissaient à d'autres hommes
Ils n'étaient pas des nôtres
Mais c'étaient des hommes
Et vous les avez brûlés
Et vous avez à jamais condamné cette terre
Comme vous créerez bientôt des océans de malheur
Qu'on ne pourra plus jamais traverser

Mais pourquoi ne pas m'écouter
Pourquoi ne pas jeter toutes ces armes
Revenons aux siècles des arcs et des flèches

 

(D'autres extraits seront publiés prochainement sur cette page...)
 

 Vous pouvez voir aussi la page "100 poèmes choisis de J.P. Inisan"