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CLAIRS DE NUIT

Écouter Clairs de nuit

Cette page, en cours de construction,  propose des enregistrements audio de poèmes choisis du recueil Clairs de nuit – Poèmes de mes deux mondes, de Jean-Paul Inisan, publié en 2023. Chaque poème, lu par l’auteur, peut également être lu dans sa version écrite, reproduite sous l’enregistrement.

Dans Clairs de nuit, la poésie se tient à la rencontre de deux mondes : celui de notre existence temporelle, fragile et passagère, et celui d’une dimension de l’être ressentie comme infinie et indestructible. La proximité de la fin, le temps, l’identité, l’infini et la méditation traversent ainsi le recueil. La réflexion philosophique s’y mêle à la musicalité des mots, à la force des images et, parfois, à d’imprévisibles échappées maritimes.

L’écoute permet de retrouver le rythme, les silences et les inflexions que l’auteur donne lui-même à ses textes, tandis que leur présence sous chaque enregistrement permet de prolonger cette écoute par la lecture.

Cette page est appelée à s’enrichir progressivement : de nouveaux poèmes et leurs enregistrements audio seront ajoutés au fil du temps.

Pour une présentation complète de Clairs de nuit, vous pouvez consulter la page consacrée au livre sur ce site.
 

CLAIRS DE NUIT - Écouter (dit par l'auteur J.P. Inisan)

Écouter

Simplement écouter, en acceptant les différences,
Est source d'une grandiose jouissance.
Conscient alors de mon invisibilité et de mon silence intérieur,
Toute mon attention absorbée par mon interlocuteur,

Sans me soucier de l'image que de moi je donne,
Je m'étends et de mes limites je me désemprisonne.
C'est comme une miraculeuse porte de sortie
Qui s'ouvre soudainement sur un univers éternel et infini.

Une existence dont je ne crains plus la finitude,
Car ma conscience est d'une incommensurable amplitude :
Elle contient tous les espaces et tous les temps,
Tous les êtres ayant existé et existant.

(J.P. Inisan, Clairs de nuit, 2023)

CLAIRS DE NUIT - Mourir en aimant (dit par l'auteur J.P. Inisan)

Mourir en aimant

Mourir en aimant
C’est monter au firmament
Mais mourir avec haine
C’est se condamner à la géhenne

Ce n’est pas facile quand on est souffrant
Car ce que l’on ressent c’est du ressentiment
On le vit comme une épreuve
Qui de la cruauté de Dieu est la preuve

Ou au contraire on croit que c’est de tout la fin
On croit qu’après il n’y aura plus rien
La douleur nous enfonce dans la matière
Et nous fait oublier le Mystère

Mais il nous faut rester ouvert
À l’Infini inconcevable de l’univers
À l’inconnu de notre origine
Qui à la mort tous nous destine

Il nous faut regarder
Il nous faut écouter
Même à notre dernière heure
Être attentif à ceux qui demeurent

Penser à la beauté de leur vie
Penser la beauté de la vie
Penser à la beauté d’être
À la beauté de tous ces êtres

Proches ou lointains
Qui poursuivront leurs chemins
Malgré notre absence
Malgré notre inexistence

Ils seront heureux et malheureux
Ils mourront jeunes ou vieux
Dans ce renouvellement de la Vie intarissable
Ils seront différents ou semblables

En partant donnons-leur en cadeau notre amour
Sans rien attendre en retour
Quel que soit leur caractère
Devenons ce en quoi de nous ils diffèrent

Acceptons-les sans conditions
Car c’est en supprimant ici-bas les limitations
Que nous accédons à un au-delà sans frontières
Sans début ni fin et sans barrières

Pour élargir notre point de vue
Il nous faut accomplir notre ultime mue
Celle qui va nous unir à tout être
Bien en-deçà du paraître

Nous accédons alors à un panorama
Qui ne se contemple ni d’en-haut ni d’en-bas
C’est une perception multidimensionnelle
Une perspective universelle

Là où le récepteur horizontal
Rejoint le canal vertical
Dans l’unitaire infinitude
D’une incommensurable multitude

Le semblable et le différent deviennent équivalents
Ils constituent un seul et même élément
C’est cela l’amour c’est devenir infiniment immense
En pensant ce que notre ennemi pense

Mourir en aimant
C’est monter au firmament
Mais mourir avec haine
C’est se condamner à la géhenne

(J.P. Inisan, Clairs de nuit, 2023)

 

 

CLAIRS DE NUIT - Entre ici (dit par l'auteur J.P. Inisan)

Entre ici

C’est seulement en n’étant rien
Que tu peux découvrir ce chemin.
Tu dois renoncer à toute couronne

Et accepter de n’être personne.

Tu ne peux trouver ce sentier secret
Qu’en acceptant ton immobilité
Il te faut d’abord être racine
Pour retrouver ton origine.

Ce n’est pas de la remémoration,
Ce n’est pas de l’imagination !
Pour entrer ici tu dois être amnésique
Et jamais hyperbolique,

Ne présenter aucun titre de supériorité,
Ne revendiquer aucune égalité,
N’accomplir aucune œuvre pieuse,
Ne chercher aucune issue miraculeuse !

Ici, on ne peut rien légitimer,
Car ce serait comme tout figer.
Il n’y aurait plus de porte,
C’est la Vie qui serait déjà morte.

Ici, il n’y a ni début ni fin,
Ni soir ni matin.
C’est le plus court des voyages,
Celui où tu perds ton visage.

Mais ceux que tu vois
Font tous partie de toi,
Aucun vraiment ne te fascine
Et c’est ton regard qui les illumine.

Ils ne te regardent pas,
Tu ne t’y reflètes pas,
Ce ne sont pas des choses,
Mais comme des massifs de roses,

Qui bordent ce chemin
Qui n’est fait que de liens,
Dont tu dois prendre conscience
Pour voir en toi sa constante présence.

(J.P. Inisan, Clairs de nuit, 2023)

CLAIRS DE NUIT - Le Grand Secret (dit par l'auteur J.P. Inisan)

Le Grand Secret

Mais pourquoi donc ne vous révélerais-je pas mon secret
Puisque ce message à la masse n’est pas destiné ?
En effet, très peu d’entre vous en acquerront  la connaissance,
Car très peu d’entre vous voudront en faire l’expérience.

La plupart d’entre vous ne voudront même pas en faire l’essai,
Vous aurez bien trop peur de changer,
Vous préférerez continuer à vivre votre routine,
Vous préférerez la sécurité de votre vie de machine.

Ce secret restera ainsi bien caché
Et conservera ainsi ses magiques propriétés.
Ce n’est pas qu’il soit destiné à une élite
Ni non plus qu’il faille qu’on le mérite.

Mais le danger est grand de se croire supérieur
Et alors on risque de vivre un grand malheur,
Car c’est uniquement en ne la révélant à personne
Que cette connaissance vous désempoisonne.

Si vous ne pouvez pas rester effacé,
Si vous voulez vous en servir pour triompher
Ou même simplement en faire un miraculeux rite,
Alors arrêtez tout sans hésiter arrêtez tout tout de suite !

Mais si vous vous sentez capable de rester silencieux
Quand on vous questionnera sur la lumière dans vos yeux,
Alors écoutez cette onde qui en vous profondément résonne
Tout en vous faisant totalement aphone.

Quand vous rencontrerez un être différent
Et que pour vous il sera dérangeant ou repoussant,
Commencez tout de suite par une identification téméraire
Et pour cela utilisez votre imaginaire.

Vous devrez renoncer pendant au moins un instant à votre ego,
Renoncer à vous croire, vous ou les vôtres, comme étant les plus beaux
Ou les plus forts ou ceux qui ont les meilleures valeurs spirituelles.
Mais vous devrez adopter celles de l’autre, même si elles sont cruelles.

Vous devrez ressentir au moins un instant ses jugements
Sans surtout les juger, même s’ils visent vos propres enfants,
Votre famille biologique, politique, religieuse, philosophique.
Vous devrez adopter au moins un instant toutes les critiques.

Pas pour être bienveillant, moral, gentil ou être aimé,
Mais simplement pour faire l’expérience de la vérité.
La vérité est que vous faites un avec la différence,
Vous êtes la fois rien et d’une infinie puissance.

Vous devenez immense dans l’espace et immense dans le temps.
La vérité est qu’en regard de l’éternité et de l’espace infini,
Votre petite personne n’a en elle-même aucune signifiance.
Microscopique est votre petite existence,

Elle vient à peine de commencer que vous en êtes déjà à la fin.
Au milieu de ce temps infinissable, elle ne signifie rien.
Ce n’est qu’un sentier pour vous faire connaître votre nature véritable,
Qui est quelque chose d’une puissance illimitée et totalement innommable,

 Qui ne peut se connaître qu’en maintenant silencieusement votre attention sur ce que l’autre ressent,
Tout en la maintenant parallèlement sur vous-même ici-maintenant.
Et alors de l’Unité, du Un infini silencieux et invisible vous faites la divine expérience.
Ce qui inclut et nécessite la division follement bavarde, du Deux l’incessante Renaissance.

C’est cela le secret du pouvoir illimité !
C’est renoncer à toute identité,
C’est perdre toute souvenance

De sa prétendue puissance.

En nous ressentant être à la fois l’autre et l’un,
Nous devenons un prodigieux magicien,
Mais en même temps un être totalement anonyme

Que rien ne peut reconnaître ni ne rendre légitime.

(Jean-Paul Inisan, Clairs de nuit, 2023)

CLAIRS DE NUIT - Avec mon corps ou avec mon âme (dit par l'auteur J.P. Inisan)

Avec mon corps ou avec mon âme

Reverrai-je un jour mes amis du mercredi,
Qui étaient aussi parfois ceux du vendredi ?
Nous partagions de profonds moments de silence,
Dans le recueillement et la présence.

Même quand une voix proche nous distrayait,
On aurait pu entendre le plus léger papillon voler.
Même quand nos pensées étaient invasives,
Notre attention n'était pas sélective.

Même quand je venais là contre mon humeur,
La paix finissait par s'installer dans mon cœur.
C'était comme un moment de grâce,
Où je me sentais bien à ma place.

Je ne partageais pas toutes leurs idées,
Parfois je m'en sentais même très éloigné,
Mais je sentais en eux une telle bienveillance
Que je me sentais accepté dans ma différence.

Ce qui était purement intérieur
Ne pouvait être à rien supérieur.
Au plus proche de soi à zéro millimètre,
Chacun était son propre maître.

Au plus proche de soi , c'était l'inconnu
Et mon
moi avait complètement disparu.
C'était à la fois une merveille et un mystère
De ne plus être que cette douce et chaude lumière,

D'être comme un anonyme et immense courant
Fait de tous les êtres présents et même absents,
Comme un grand fleuve, un océan insondable,
Jamais pareil et pourtant immuable.

Je vous le dis, ce n'était pas que de la méditation,
Ce n'était pas que de la détente ou de la concentration,
Ce n'était pas chacun pour soi dans sa cage,
Mais je ressentais très fort le partage.

Il se faisait presque malgré moi,
Sous le regard apaisant du Bouddha.
J'étais alors sans le vouloir son disciple,
En suivant, sans le savoir, une voie multiple.

Reverrai-je un jour mes amis
Ou quand ils se retrouveront serai-je déjà parti ?
Regretteront-ils alors mon absence
Ou sentiront-ils encore ma présence ?

Quoi qu'il survienne, je serai avec eux.
Même si je ne crois pas en Dieu,
Avec mon corps ou avec mon âme,
Je crois en cet étrange programme.

(J.P. Inisan, Clairs de nuit, 2023)

CLAIRS DE NUIT - Agneau et tigre (dit par l'auteur J.P. Inisan)

Agneau et tigre

Quand je ressens la totalité de ce que vit un seul être
Et que j'accepte alors, dans le silence, de disparaître,
J'accède à tout ce qui peut être perçu et ressenti.
J'accède à l'expérience d'un temps et d'un espace infinis.

Et alors peu m'importent mes défauts et mes carences,
Car ils font partie d'un univers immense
Qui possède aussi des qualités et des génies.
Et c'est ce qu'alors réellement je suis.

Mais je n'en tire aucune fierté aucune gloire,
Car ce n'est pas mon histoire.
C'est celle du monde vivant,
C'est celle du monde conscient.

Étant ainsi devenu totalement libre,
Je puis être à la fois un agneau et un tigre.
Je vis au jour le jour,
Dans la vérité et dans l'amour.

(J.P. Inisan, Clairs de nuit, 2023)

CLAIRS DE NUIT - L'étoile du jour (dit par l'auteur J.P. Inisan)

L'étoile du jour

Au moment même de l’Union
Il y a eu en moi une vibrante implosion
Et j’ai vu descendre du ciel une étoile
Elle descendait lentement à la verticale

J’ai ressenti sa douce chaleur
Comme un pont entre elle et mon cœur
C’était bien plus qu’une coexistence
C’était bien plus qu’une convergence

Ce n’était pas un chemin commun
Elle et moi nous n’avons vite fait qu’Un
En fait c’était l’affirmation de ma différence
Qui avait créé et entretenu la distance

Elle avait toujours été là près de moi
Mais je ne la voyais pas
À mes yeux elle n’était pas visible
Car je ne m’intéressais qu’au divisible

Heureusement il y a eu le hasard
Qui m’a fait sortir des miroirs
J’ai vu autre chose que des images
J’ai enfin changé d’âge

En assumant des autres tous les Je
J’ai retrouvé mon être lumineux
Ce n’était pas seulement une origine
Mais aussi ce qui par soi-même illumine

Sans avoir besoin de passé
Sans dans l’avenir quoi que ce soit viser
Elle a visité un instant mon être
Avant de doucement disparaître

Ce fut une véritable révélation
Mais aussi comme une prescription
Il me fallait perdre la face
Pour retrouver la grâce

La grâce de retrouver ce que Je suis
Ce qu’essentiellement Je suis
Dont l’éphémère et microscopique apparence
A pour fonction de me redonner conscience

Ce que je suis c’est le multiple et l’Infini
Qui est la source constante de la Vie
Et dont je fais de plus en plus souvent l’expérience
En ressentant de tous les Je la conscience

C’est le même Je qui est en chacun de nous
C’est l’Infini qui se cache au fond de chacun d’entre nous
Et que nous redécouvrons par la reconnaissance
En faisant de la vérité de l’autre l’expérience

Il en est ainsi de toute incarnation
Elle commence toujours par une séparation
On se sépare de la protection de sa mère
C’est ainsi qu’on commence tous sa vie sur terre

Et l’on oublie totalement d’où l’on vient
Là où il n’y a ni début ni fin
Là où l’absence de face
Nous fait contenir l’espace

Là où il n’y a plus de temps
Où tout est ici et maintenant
Ce n’est pas romantique
C’est presque une loi de la physique

 Mais ce n’est pas ce qu’on m’avait appris
On m’avait appris à être un malappris
On m’avait appris les bonnes manières
C’est-à-dire celles qui à tous peuvent plaire

Et nous permettent ainsi de devenir les meilleurs
Sans prendre le risque de commettre des erreurs
Pa exemple de faire stupidement confiance
Et de tomber ainsi dans un état d’indigence

Ou encore de ressentir réellement de l’amour
Ce mot surtout quand il rime avec toujours
Créerait, dit-on aujourd’hui, une ridicule musique
Dénoterait presque un état pathologique

Mais en vérité, je vous le dis, l’amour n’est pas un comportement
Le véritable amour n’est pas un sentiment
C’est simplement une intérieure expérience
Qui se fait dans le plus total silence

Et s’il est vrai que souvent il est miraculeux
On ne peut pas s’en servir pour être vertueux
Quand c’est moi qui par amour donne
Ce que je donne ne vient de personne

Mais cet autre qui me fait la grâce d’un don
Je reconnais tout de suite son visage et son nom
Et je le remercie pour son indulgence
Qui me rappelle sur moi sa totale prééminence

Je ne peux exister sans lui
Je ne peux aimer sans lui
C’est même grâce aux plus graves divergences
Que je peux redevenir immense

L’étoile qui dans le ciel resplendit
M’ouvre la porte de l’Infini ici
C’est quand je suis de l’autre à zéro millimètre
Que je retrouve le meilleur de mon être

Le meilleur de mon être ne peut être vu
Le meilleur de mon être ne peut être entendu
Le meilleur de mon être c’est ce que je ne peux pas paraître
Le meilleur de mon être c’est ce dont je ne suis pas le maître

Cette étoile qui descend vers moi
Ne peut être vue que par moi
Je ne peux en faire une friandise
Encore moins une marchandise

Elle vient quand à l’autre je m’unis
Surtout quand c’est un ennemi
C’est la maison de mon âme
Don jamais ne s’éteint la flamme

Comme le jour entre deux nuits
Je m’y repose entre deux vies
Mais parfois dans mon cœur je l’invite
Et elle m’honore de sa visite

Cela survient quand je me suis oublié
Quand chez un autre mon être a déménagé
Je trouve alors mon vrai lieu de résidence
Il est éternel lumineux chaud et immense

(J.P. Inisan, Clairs de nuit, 2023)

CLAIRS DE NUIT - Qui suis-je ? (dit par l'auteur J.P. Inisan)

Qui suis-je ?

Perdu au fond de mon confinement
Ce n'est pas la fin que j'attends
Mais ce que patiemment j'espère
Ce sont des jours de lumière

Ces jours de grand soleil
Qui accompagneront mon réveil
Qui me feront un si grand sourire

Qu'il se transformera en un éternel rire

Que mon cœur d'avance en chavire
Et où nous allons tout reconstruire
La paix intérieure le partage le sourire

J'attends de retrouver mon chemin quotidien
Celui qui me faisait rencontrer les miens
Mais aussi ceux qui me parlaient un autre langage
Qui n'était pas celui de mon familier entourage

Je ne comprenais pas tout ce qu'ils disaient
Surtout quand parfois entre eux ils psalmodiaient
Je me sentais pourtant en parfaite résonance
À l'abri si grand ouvert au fond de mon silence

On ignorait presque tout de la vie de chacun
Chacun respectait de l'autre son destin
Mais c'était pour
moi une véritable aventure
Que de découvrir ma véritable nature

Celle qui cache mon plus grand secret
Ce qu'aux autres je ne montre jamais
J'avais toujours un peu peur de déchirer le voile
Et qu'ainsi la vérité tout d'un coup se dévoile

J'aurais alors comme un fou au-dehors couru
Comme une âme soudain complètement nue
Dépouillée des fausses apparences
De la plus ordinaire des existences

J'aurais brisé alors tous les miroirs
De ma vie de mes amours de mon pouvoir
Mais pour un méditant est-il convenable
De montrer ainsi qu'il est si vulnérable

Merci de ne pas me dire où est mon erreur
Ce n'est pas le désir ou la peur
C'est de vouloir jouer au Sage
Qui m'a fait écrire cette page

(J.P. Inisan, Clairs de nuit, 2023)

 

 

CLAIRS DE NUIT - Le méditant dans son champ (dit par l'auteur J.P. Inisan).

Le méditant dans son champ

Pourquoi donc je pratique la méditation ?
Ce n'est pas parce que cela aiguise mon attention,
Pas non plus parce que cela me détend et me délasse

Ni parce que cela étend à l'infini mon espace.

Ce n'est pas parce que je me sens plus présent :
Que je me sente  bien ou mal, c'est toujours maintenant.
Ce n'est parce que je rencontre parfois la lumière

Tout en restant profondément enraciné dans la matière.

Pas non plus parce que je me sens aux autres plus ouvert
Et que de moi ou des miens je me sens moins fier :
Je ne mets plus entre moi et eux une fausse distance,
En moi comme en eux je ressens une grande confiance.

Car je ne rejette ni la souffrance, ni le doute, ni la peur, 
Je ne me bats plus contre les tourments de mon cœur.
J'accepte tout ce qui survient : la joie, les larmes, les rires,
J'accepte l'indifférence comme de déplaire ou de séduire.

Si je médite, ce n'est pas pour me sentir plus grand
Tout en restant le plus humble des servants.
Ce n'est pas parce que je me sens plus à l'écoute,
Même et surtout de ces autres qui suivent une autre route.

Ce n'est pas parce que je me sens bien mieux
Lorsque mon mental est vide et silencieux,
Que de mes pensées il ne reste plus que l'absence,
Que je savoure comme une imprévisible vacance.

Si je médite ce n'est pas parce que je ressource ainsi mon corps
Ni parce que je ne crains plus alors la maladie et la mort,
Ni parce que ma créativité est ensuite prolifère
Et que mes œuvres deviennent à moi divinement étrangères.

Alors, pourquoi méditer si c'est pour refuser
Tous ces bienfaits que je viens d'énumérer ?
Mais je ne les refuse pas quand, parfois, ils s'invitent.
Le problème, c'est que jamais, jamais je ne les mérite.

Car ce ne sont pas les résultats que j'espérais.
Ce que j'espérais, c'était de découvrir une noble vérité

Et non pas  ces collatérales conséquences
Que sont la détente, le discernement et la bienveillance.

(J.P. Inisan, Clairs de nuit, 2023)

 

 

CLAIRS DE NUIT - Qu'est-ce que la méditation ? (dit par l'auteur J.P. Inisan)

Qu'est-ce que la méditation ?

Qu'est ce que la méditation
Ce n'est pas seulement observer sa respiration
Ce n'est pas seulement respecter la règle du silence
Et exercer sans jamais se crisper sa vigilance

Ce n'est pas qu'observer et accepter ses pensées
Et tout ce qui apparaît sans jamais rien rejeter
Joies tristesses colères questions angoisses
Tout ce qui survient apparaît se ressent et passe

Mais c'est comme un indéfinissable jeu
Des nuages gris passent sur un beau ciel bleu
Ils ne sont que de passage
Impossible de les mettre en cage

Ici et maintenant au plus proche de soi
Strictement à zéro millimètre de
moi
C'est vraiment sans gêne et sans  limites
Que le monde entier en
moi s'invite

Et si je l'accueille inconditionnellement
C'est vraiment involontairement
Ce n'est pas une conquête
Il suffit de laisser la porte ouverte

Et alors  pendant un instant de la tête aux pieds
Je me sens par de longs éclairs traversé
C'est comme une miraculeuse avalanche
De lumière neigeuse toute blanche

Pendant un instant je ne suis plus rien
Enfin plus rien qui soit très commun
Je deviens comme un immense et invisible hôte
Qui reçoit chez lui tous les autres

(J.P. Inisan, Clairs de nuit, 2023)